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Le jeu en groupe - tenir sa place

Publié le 18 juillet 2007
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Jouer en groupe est un sujet peu abordé en général, sur le net ou dans les magazines. D’une part parce que chaque individu se concentre d’abord sur son jeu, et de l’autre parce que de toute façon tout le monde n’en fait généralement qu’à sa tête.

Ici je ne traiterais pas du besoin vital minimum de chaque membre du groupe de présenter du sérieux, mais plutôt, et c’est un sujet fort moins épineux, la création de son propre son, ou du moins la mise en place sonore de chaque intrument.

Il est séduisant de ne suivre aucune règle et de se lancer dans des façon de jouer complement différentes sur chaques morceaux. A titre personnel en tout cas j’essaie de diversifier au maximum ... pour finalement toujours resimplifier et retrouver la base par la suite. J’ai plusieurs raisons de défendre ainsi les choses simples :

- Dans la construction d’un son de groupe, chaque intrument doit se trouver une place. Je n’incite pas forcément à respecter le format guitare rythmique, guitare solo, basse, batterie (au contraire) mais plutôt à encourager le guitariste à se trouver un ou deux son et de tenir sa place, quelle qu’elle soit. En diversifiant à l’excès ses sons, le guitariste perd un peu de son identité mais surtout complique le travail live, de par la multiplication des volumes.
- Lorsque vous aurez bien balisé la place sonore de chaque instru, viendra le moment de savoir si cela fonctionne. Et si la, ça sonne, vous saurez pourquoi et vous aurez votre recette.
- Lorsque les règles simples sont définies, lorsqu’un instrument les transgressera, il attirera plus l’attention sur lui que le musicien qui ne suit aucune règle [1]. Tout simplement parce qu’il quitte le chemin de la logique, celui qu’il suivait scrupuleusement depuis le début du concert.

Alors comment mettre en place son intrument par rapport aux autres ? Eh bien heureusement beaucoup de façon de faire sont envisageables, mais quelques conseils peuvent être de bon aloi.

1/ Malgré le mépris que j’ai envers le format guitare solo, guitare rythmique, basse, batterie, il faut avouer qu’il est riche en enseignements, car il représente le mieux la construction du spectre sonore. Guitare rythmique, basse et batterie sont la section rythmique, cette même guitare et la basse fabriquent l’harmonie [2] et enfin la guitare solo représente la partie mélodique, avec la voix.

Gardez en tête cet exemple et répartissez vous les rôles en connaissance de cause. Il est tout à fait possible de mélanger les rôles entre instruments et pour instrument de tenir plusieurs rôles, comme l’indique l’exemple. L’important ici est de connaitre la place que l’on tient, et je dirais même de se diriger vers se rôle et l’assumer totalement. Rappelez vous qu’on ne peux pas être limité par un rôle, on a déja assez de travail pour remplir sa tâche correctement, alors ici encore, pensez en termes de simplicité et d’efficacité.

2/ L’autre découpage usuel est la plage de fréquences que chaque instrument occupe. Reprenons l’exemple habituel :

- Les low sont pris par la basse et la grosse caisse
- Les mids par les guitares, les voix et la caisse claire
- Les hi par les cymbales et hi hat, et en moindre mesure par les guitares

En général on ne s’inquiète que d’avoir au moins un instrument dans chaque bande de fréquence, mais ici on peut voir que chaque fréquence est au moins représentée par une percussion et un instrument "à notes".

Je veux en venir, encore une fois, à que chaque instrument sache et soit volontaire, vers la bande de fréquence qu’il occupe. De cette façon il pourra à combler un éventuel manque, ou au contraire, créer un manque dans une bande. Car si la basse et la grosse caisse s’arrètent de jouer en même temps, au moment où ils décideront de rentrer à nouveau, cela fera son effet.

3/ Repérez les instruments qui partagent votre rôle et ceux qui partagent votre bande de fréquence [3], il faut que cela soit bien clair dans votre tête. Ceux-là seront vos acolytes tandis que les autres seront ceux avec qui vous dialoguez.

Et surtout, écouter beaucoup de musique et analyser la place des intruments est le meilleur moyen de comprendre la logique qui anime chaque groupe. Même le plus destroy ou le plus contemporain ou le plus free jazz des groupe possède une logique interne. Et la comprendre c’est souvent s’ouvrir à de nouveaux horizons.

[1] Car les règles sont faites pour être transgressées. Corrolairement, sans règle, pas de transgression possible.

[2] L’harmonie ne représente pas forcément ici une suite d’accords mais plutôt le fait que la guitare rythmique et la basse sont obligés de s’écouter pour jouer ensemble. A mon sens les Sonic Youth créent aussi des harmonies.

[3] Il est envisageable de se faire un diagramme lorsque le nombre de musicen est conséquent. En plus j’aime bien les diagrammes.



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